21 février 2018

Jérôme, sauveteur de bateaux

By In Portrait

Sauver des vies en mer est une chose formidable. Mais sauver les bateaux qui permettent de sauver les vies, les soigner, les réparer, les bichonner, ce n’est pas mal non plus. Cette prouesse-là se fait à Saint-Malo, “centre hospitalier national” des 236 canots et vedettes de la SNSM. Dix personnes y travaillent. Jérôme est l’une d’elles.

« Quand j’étais petit, le vendredi soir, je regardais avec de grands yeux Thalassa, assis à côté de mon père. Il était mécano poids lourds. Moi aussi, je voulais être mécano. Mais c’était pas les camions qui m’intéressaient. Je rêvais de plus gros moteurs. Et puis j’ai vu un reportage sur l’Abeille Flandre. J’étais émerveillé, et je suis resté fasciné par les bateaux de sauvetage. »

La suite est comme un long fleuve tranquille. Le jeune Malouin intègre le lycée maritime en section mécanique marine; et quand l’occasion se présente, il effectue un stage à la SNSM, quai Trichet : « c‘était inespéré; j’ai adoré ça!! » Dans ce chantier sont entretenus et réparés les bateaux de sauvetage de toutes les stations de la SNSM française, Outre-mer compris.

 » Un bateau qui sauve des vies « 

De la petite vedette de 8 mètres au canot-tous-temps, toute la flotte vient un jour se refaire une santé à Saint-Malo, à la mi-vie.15 ans de déferlantes, de coups de tabac, de remorquages, ça laisse des traces. Alors les techniciens malouins démontent, graissent, décapent, retapent, repeignent, pour que 15 autres années se passent sans anicroche. « On se dit qu’on n’a pas droit à l’erreur. Parce que préparer un bateau qui sauve des vies, c’est quelque chose. » Jérôme est si enthousiaste qu’à la fin de son stage, il revient travailler bénévolement à ce qui s’appelle aujourd’hui le Pôle de Soutien de la Flotte*. Fait d’autres stages, ailleurs, comme sur l’Abeille Bourbon. Obtient son BEP, puis réalise un apprentissage dans une entreprise malouine où il travaille pendant 2 ans, et décroche son Baccalauréat Pro Mécanique Marine.

 » On s’attache à sa vedette « 

Et puis un jour