14 novembre 2019

Au revoir Malouin(e) suis !

By In Portrait

L’aventure a commencé il y a près de trois ans. Elle est née du désir de rencontrer, d’écouter, de présenter celles et ceux qui font la vie de Saint-Malo, et qu’on ne voit pas forcément, derrière les vitres et dans les rues, sur les plages et sur les toits, scrutant le vent, les fleurs, les algues ou les oiseaux, sur les caps et dans les champs, dans les remparts, sur l’eau et même sous la terre. Ils sont le sang qui coule dans les veines de la ville, sa voix, sa mémoire, un peu de son âme sans doute, et ils nous ont raconté des histoires extraordinaires. Vous avez été très nombreux à les découvrir, à nous suivre dans l’aventure. Maintenant, il est temps de poser le crayon et l’appareil photo, de faire une pause. Nathalie, Marin, Roger, Evelyne et les autres ne vous quitteront pas pour autant : notre blog sera toujours en ligne, accessible à tout moment. Peut-être, un jour, Malouin(e) suis reviendra-t-il sous une forme ou une autre, qui sait ?

En attendant, merci à vous tous qui nous avez accompagnés, soutenus, encouragés. Que les vents vous soient favorables !

Pour garder votre curiosité en éveil , pour celles et ceux qui n’ont pas tout lu ou qui ont envie de retrouvailles, vous trouverez ci-après la liste des portraits parus, et quelques phrases de chaque personne rencontrée.

 

Stéphane, coeur de docker

 

“J’ai fait tous les postes, comme le veut le métier. J’ai déchargé des cargos, dirigé la manoeuvre des grutiers, pointé les marchandises qui entrent et sortent, conduit des engins. J’ai tout aimé. Le lundi vous êtes contremaître, le mardi vous balayez la cale d’un navire ; ça apprend l’humilité. Ça peut aussi faire mal. Un jour, avec un camarade, on a découvert deux gamins, en déchargeant un cargo. Deux Africains d’à peine 20 ans. Ils étaient dans la cale pleine de tourteau, morts. Ils avaient certainement été empoisonnés par les insecticides dès le départ du bateau. Les mômes avaient prévu des provisions pour la traversée. Je revois leurs sandwiches, à côté d’eux. C’est des images qui ne s’effacent pas.”

Yves, l’ami du marin

 

“Les bénévoles du Foyer apportent une aide indispensable. Ce sont eux qui ont soutenu et assisté les 8 marins de l’Olympic Light, immobilisé en 2013 à Saint-Malo pendant 2 mois.Il y a des jours où le Foyer est plein. Des jours aussi où il est vide. Tant pis, on préfère ouvrir pour rien, plutôt qu’un marin trouve porte close.  La solitude, quand on a été marin, on la connait bien. On est seul dans sa cabine, on est seul au poste de pilotage, on est seul dans la tempête…Ici, c’est comme si on faisait un grand quart.”

Les aventuriers de l’opérette

“C’est vrai qu’on est un peu cinglés.Pendant plusieurs semaines, on répète du jeudi au dimanche non-stop. Des fois on en a marre, mais qu’est-ce qu’on rigole! L’opérette, c’est gentillet, faut avouer ; c’est toujours l’histoire des amours contrariés d’une jeune première et d’un jeune premier, des airs pour faire pleurer Margot, des chansons qu’on retient et que le public reprend en choeur à la fin. Mais que c’est beau! Les tableaux sont impressionnants. On loue des décors et des costumes de théâtre magnifiques. Et il y a parfois de l’imprévu : la soliste devait lors d’une générale jeter en l’air un plateau avec des oranges. Les fruits ont roulé vers l’orchestre, et une orange s’est coincée dans le tuba. On a eu du mal à maîtriser notre fou-rire !”

Solenn, la voix des murs


“Aux visiteurs, je raconte des histoires d’opulence, de demeures fastueuses, de combats navals, d’explorateurs intrépides. Des histoires d’incendie monstrueux, qui dévorèrent la plupart des maisons en bois de la ville, les demeures épargnées par les bombes, la ténacité des reconstructeurs, la vie intra-muros aujourd’hui. Je leur raconte aussi l’épopée des grands voiliers sur les bancs de Terre-Neuve et les traversées parfois sans retour. Je regarde en passant si l’Étoile du Roy est toujours à quai, si les voiliers sont toujours nombreux dans le bassin Vauban. Elle est là, l’âme de Saint-Malo, celle qu’on retrouve pendant la Route du Rhum, quand la ville est dans sa bulle et qu’elle renoue avec son caractère maritime.”

Yann a un beau train de vie


 

“Dès qu’il fait beau et à chaque congé scolaire, c’est la ruée. Les rames sont blindées. En période de grandes marées les touristes débarquent, certains bottes en caoutchouc aux pieds… D’autres arrivent en tenue de plage et se font surprendre par la fraîcheur marine. On les envoie acheter une petite veste intra-muros, avant qu’ils n’attrapent froid. Il y a des gens particulièrement exigeants. Des touristes attirés à Saint-Malo par la publicité sur les plus grandes marées d’Europe ont demandé le remboursement de leurs billets, parce que la mer était trop calme à leur goût… ”

Josie cueille l’or des algues


 

“On n’utilise jamais une algue échouée, sauf au jardin. Sinon, toutes les algues de nos plages sont bonnes à ramasser et à consommer. Elles se nourrissent par osmose des richesses minérales et organiques de l’eau de mer. Elles ne la filtrent pas, comme le font par exemple les moules. Si on les cueille dans une eau saine, on ne peut pas être intoxiqué. Elles nettoient l’organisme des métaux lourds, des graisses et du sucre, mais elles peuvent être laxatives ou très iodées -surtout les brunes-, et on peut se sentir mal si on en consomme trop ou si on est allergique à l’iode. Il faut y aller doucement, commencer par quelques grammes, et si on supporte, on peut augmenter les doses.”

Louis et Marin, pêcheurs d’avenir


 

“Marin avait 4 ans quand je l’ai emmené pêcher la première fois. Il voulait m’accompagner, et moi ça me plaisait bien de lui apprendre la mer. Aujourd’hui il a 10 ans. Je lui apprends les détails qui font la différence quand on pêche. Sur quels cailloux poser les casiers et à quelle hauteur d’eau, comment lancer quand on est sur un bateau sans blesser quelqu’un, comment monter un leurre sur une agrafe, comment pêcher dans les retours de courant pour que le leurre soit toujours en tension, comment préserver les espèces, les tailles, les quantités, les femelles grainées. Et bien sûr comment descendre l’annexe, l’amarrer avec un double noeud, brancher le coupe-circuit avant de démarrer le moteur, jeter l’ancre, pour qu’il puisse gérer le bateau si je fais un malaise.”

Karl, chercheur d’identité


 

“On venait de Mayenne passer la journée à Saint-Malo à chaque vacances de Pâques, avec mon frère, ma soeur et mes parents. J’étais fasciné par le plongeoir de la piscine de Bonsecours. J’avais envie d’y aller, mais ça me faisait flipper. Une année, l’envie a enfin été plus forte que la crainte : j’ai plongé depuis le plateau à mi-hauteur. L’année suivante, j’ai sauté de tout en haut, en même temps que mon frère. J’ai continué de venir à Saint-Malo, avec les copains. Le soir, on allumait un feu sur la plage, et sur les coups de 2-3 heures du mat, dans le noir, on allait à la piscine faire le plongeon de la mort. Plus tard, je suis venu travailler ici. Un commerçant m’a demandé de crayonner un symbole jeune, actuel, de la ville, pour une ligne de cadeaux. Je n’ai pas hésité : Saint-Malo, c’est le plongeoir de Bonsecours.”

Les Malouins de l’hiver


“Mon père venait déjà pour la Sainte-Ouine. J’allais donc pendant un mois à l’école intra-muros, à Sainte-Croix ou au Petit Choisy. J’ai pris sa succession et, aujourd’hui, c’est le tour d’Étienne, mon gendre. On est des itinérants, on voyage de ci de là, au gré des fêtes foraines. Mais on revient toujours tous en janvier pour la Sainte-Ouine. Imaginez : trois petites-filles sont nées ici, pendant la fête ! Moi je ne travaille plus, mais j’aime revenir ici, voir la ville, pêcher des berniques, retrouver des connaissances, comme cet instituteur qui accueillait nos enfants dans son école, et qui continue à recevoir notre courrier depuis 40 ans.”

Art de plage, l’art au rythme des marées


“La plage, c’est la liberté, la force de l’envie dans le chant de la mer en mouvement et les odeurs iodées, le triomphe du moment présent : je ne prépare rien et je suis l’inspiration. J’ai trois heures pour dessiner une œuvre, partagée avec les passants et les réseaux sociaux. Quand elle disparaît avec la marée montante, c’est fantastique, une immense émotion. La toile est un cadre qui enferme le peintre. J’aime la nature, l’anonymat, l’éphémère, qui donnent à l’art une autre dimension.”

Alexia, vocation ange gardien

“Quand j’étais petite, je voulais devenir pompier;  je n’ai jamais osé sauter le pas. Mais ma famille a la mer dans le sang, j’ai trouvé tout naturellement dans le sauvetage en mer une autre manière de porter secours aux gens. Voir la mer tous les jours, y plonger, est pour moi une nécessité. Je suis allée une fois à Paris, ça m’a oppressée. Je n’avais qu’une envie : revenir vite à Saint-Malo.”

Les Malouins ont du pot

Thomas : “ Gamins, on nettoyait les pots, on les perçait, on passait une ficelle, et on jouait à se téléphoner, chacun dans sa chambre. La forme du pot devait amplifier nos voix .”

Thierry : “ Notre prof d’arts plastiques était génial. On avait peint et attaché les pots à un châssis, sur plusieurs rangées. Quand on les tournait, on créait des fresques en binaire. C’était un peu grossier, mais on a par exemple fait le portrait de Chateaubriand.”

Peter, un Malouin pour l’Histoire

“Mon père a été fait prisonnier en 40 et il est rentré 5 ans après. Ma mère, allemande, l’a suivi dès qu’elle a pu et a été formidablement accueillie. Mon grand-père était pourtant un ancien poilu, et avait un caractère de cochon ! J’ai été gâté. Par mes grands-parents paternels comme maternels, que je voyais de temps en temps : nous allions à Hambourg, et eux venaient à Saint-Malo. Mes deux grands-pères se cotoyaient et discutaient. Ils avaient tous deux fait la 1ère Guerre mondiale. C’est comme ça qu’ils se sont rendu compte qu’ils avaient été envoyés sur les mêmes champs de bataille et que, pendant 3 ans, ils s’étaient fait face dans les tranchées ! Je n’étais pas bien vieux, mais j’ai compris dès ce moment-là que les guerres, c’est des conneries.”

Jeannine , buswoman des plages

“Je fais la ligne 8, et c’est un bol d’air ! J’aime cette route de la côte, ce paysage de carte postale, la mer qu’on découvre à la sortie des virages. En début d’après-midi, on embarque les familles et les jeunes qui vont à la plage. Certains sont chargés comme des mules : parasol, bouées, matelas…Un vrai déménagement ! Les clients du matin sont plutôt des promeneurs. Alors Je leur montre le bateau de la Compagnie des pêches, je leur conseille des lieux à visiter gratuitement, comme l’usine de craquelins, je leur parle de l’anse du Guesclin, de Léo Ferré et de sa guenon, de la maison de Colette à la Touesse, du beurre Bordier…Je me transforme en guide touristique.”

Pascal le lamaneur

“Le lamaneur est un marin. Plus qu’une obligation légale, c’est une nécessité : il faut savoir lire le comportement d’un navire, voir s’il arrive trop vite, s’il est limité dans ses manoeuvres. Le marin peut sentir les choses et être réactif, sait où mettre la garde, quelle aussière utiliser. C’est une question de vie ou de mort. Parce que le métier est dangereux. On apprend par exemple à reconnaître le son d’une aussière en contrainte, prête à lâcher. Quand le son est de plus en plus strident, il n’y a qu’une chose à faire : s’écarter vite fait, avant qu’elle rompe”

Pierre , pêcheur à pied

“Ma tenue de combat, c’est ça : des tennis usées, un vieux sweet et un pantalon de jogging. L’élastique est fatigué et, quand j’oublie pas, je mets un tendeur. Faut aussi une paire de gants pour ne pas s’abîmer les mains en retournant les cailloux. Mon terrain, c’est entre Rochebonne et le fort national. En général, on a une heure, pour faire le bas de l’eau. On pêche des étrilles, des crabes, des dormeurs, quelques praires et palourdes quand ça baisse bien. Les ormeaux ont disparu depuis longtemps. Le homard? Quand on en trouve un, on est les rois du monde!”

Yann et les Malouins à plumes

“Le plus rigolo, c’est l’huîtrier-pie. Il a un côté sale gosse, ado, espiègle qui me plait bien. Quand on approche en bateau d’Harbour ou du Bénétin, où il y en a beaucoup, ça piaille, on a vraiment l’impression de se faire engueuler. Mais mon oiseau favori, c’est la sterne. Elle arrive avec le printemps, repart en septembre, et son cri strident est le fond sonore de l’été, il a le son de la plage. On la voit plonger en piqué, d’une hauteur de 10 ou 15 mètres, pour aller chercher les alevins en s’immergeant complètement. C’est un des plus grands migrateurs au monde. Les sternes de chez nous passent l’hiver en Afrique. Quand je les vois, je m’imagine avec elles en Mauritanie ou au Sénégal…”

Lila la visiteuse du mercredi

“Je m’appelle Lila, j’ai 5 ans, je suis un golden retriever. Je passe tous mes mercredis matins en prison. Ici, tout le monde est content de me voir, les surveillants comme les détenus. Quand j’arrive, l’ambiance est plus légère. A ce qu’on dit, je suis une bouffée d’air frais dans un espace confiné, un trait d’union entre les hommes qui y vivent, une visiteuse sur laquelle tout le monde s’accorde. Je vois bien que certains attendent le mercredi avec impatience. Ils rangent leur cellule pour me recevoir, préparent des friandises. Je sais, je sens, comment me comporter avec chacun : quand me montrer affectueuse, quand attendre qu’on me caresse, quand faire le premier pas, quand réconforter ou consoler.”

Roger, l’enfant des années 40

“La ville détruite est devenue un magnifique terrain de jeu. Il nous était interdit de sortir de l’orphelinat, mais on y allait quand même, évidemment. Avec deux copains, on jouait aux cowboys et aux indiens, et on adorait se glisser sous les décombres pour rechercher des trésors. C’était merveilleux. Dans les catacombes, sous la chapelle Saint-Sauveur, on a trouvé des ossements, joué avec des crânes, et sous un hôtel d’armateur, on a découvert un vrai trésor : deux pistolets de corsaire et un sabre! Un monsieur qui passait nous les a échangés contre une pièce de 100 sous, une somme à l’époque. On est allés s’acheter des rouleaux de réglisse avec une boule de couleur au milieu…”

Véro, la vie d’une dame d’accueil

“Quand il y a foule, je demande aux gens de bien vouloir patienter, j’envoie les femmes 3 par 3. Et entre les passages, je vérifie l’état des sanitaires.Ce que j’aime, c’est laisser la porte ouverte, pour que les gens voient que la place est libre, propre, et que ça sent bon. C’est vrai que je passe beaucoup de temps à nettoyer, mais ça me tient à coeur. J’aime que les gens s’y trouvent bien,et j’aime bien qu’ils me le disent. Je sais dire bonjour, au revoir, merci en anglais, en allemand, en italien et en espagnol. J’ai demandé aux gens de m’écrire les mots pour que je m’en souvienne!”

Marc et les p’tits bateaux

« À 7 ans, dans ma chambre parisienne, j’avais deux passions : les bateaux, que je contemplais pendant des heures sur les pages du Larousse illustré, et mes jouets à moi, uniques, magiques, les noyaux de prunes. Je les creusais pour leur donner la forme des embarcations du Larousse. Je les disposais en flotilles, comme sur les gravures. Plus tard, je me suis mis à construire des maquettes. C’est simple : il faut être charpentier, menuisier, accastilleur, dessinateur, couturier, teinturier, peintre. Il faut aussi rechercher les plans du Musée de la marine, les notices historiques des navires, les nomenclatures, les photos. Il faut apprendre leur vie, leurs trajets, leur fonction. Imaginer la vie à bord. Et au final, parfois, avec les constructeurs grandeur nature, retrouver ou réinventer les secrets des bateaux anciens. »

Le jardin extraordinaire de la Décou’Verte

« Vient qui veut, quand il veut, pour donner un coup de main, bricoler, désherber, prendre un café, discuter, et se servir en légumes, en fleurs, en fruits dans les bacs en commun. On apprend que les légumes sont plus beaux en n’agressant pas la terre, en ne la polluant pas, en associant les cultures. Et qu’en plus, ça demande moins de boulot : la grelinette ne casse pas le dos, une parcelle paillée n’a pas besoin d’être désherbée, ni arrosée fréquemment. Il faut du concret. Et de la confiance. »

Fabienne, Malouine plein ciel et grand large

« Je suis devenue hôtesse de l’air parce que c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour retourner le plus souvent possible dans cette Afrique que j’aime. » C’est son premier bonheur.
Son deuxième bonheur : « C’est quand je reviens de mes journées d’avion, que le train approche de la laiterie, j’ai le coeur qui s’emballe. J’ai hâte d’aller saluer la mer, de longer les remparts, de leur dire que je suis de retour à la maison. » Son troisième bonheur : « Parfois, quand je rentre, je suis vannée Mais j’ai besoin d’aider les gens, c’est pour ça que je suis venue à la SNSM. Alors, si le message ″un homme à la mer” arrive, je fonce. C’est le sel de la vie ! »

Julien, pilote du port

« Les navires sont pris en charge derrière Cézembre. Pourquoi aussi loin? La baie est plutôt mal pavée…Les épaves qui tapissent les fonds nous le rappellent. Il faut compter avec les cailloux, mais aussi avec le marnage : quand on a 13,5 m de différentiel, le niveau d’eau baisse de 60 cm en 10 minutes. Si un bateau a un grand tirant d’eau, le passage du sas peut se jouer à la montre. Et puis qui dit marnage dit courants. Ils sont très forts au niveau du Grand jardin, et on sent les effets de l’usine marémotrice depuis les Grelots. Les commandants, notamment méditerranéens, sont souvent surpris. »

Nathalie, première femme pompier de Saint-Malo

« J’ai débarqué dans un groupe composé uniquement d’hommes, mais aussi uniquement de Malouins. C’était une famille, où il a fallu prendre ma place. Mais je ne suis pas compliquée, je fais le boulot, et j’aime faire la fête. Il faut chanter? Je chante. Il faut danser? Je danse. Le groupe m’a vite acceptée : je suis devenue un peu leur gamine. Une seconde femme est arrivée 5 ans après. Maintenant, on est dix. Ça ne change rien, en fait : homme ou femme, un pompier est un pompier. Enfin si, il y a eu un changement : les collègues m’ont surnommée grand-mère, puisque j’étais la plus ancienne. Le surnom est resté. »

William, le vent, les vagues, et la baie

« Un jour, un de mes sponsors m’a proposé de tester un foil, un de ces ailerons qui révolutionnent le kitesurf et le windsurf. Ils permettent de pratiquer avec peu de vent, donc de multiplier les sorties ; c’est appréciable en été, en période de vent léger. Surtout, ils offrent des sensations exceptionnelles : vitesse, silence, absence de frottement…Imagine un peu, je pars de la Hoguette, je fais le tour de Cézembre et je reviens sur la plage sans que ma planche touche l’eau une seule fois ! Je vole, littéralement. »

Stephanie, ni anglaise ni française

« On venait d’Angleterre passer l’été à Saint-Malo. J’étais inscrite à l’école de voile de Cézembre. On naviguait la journée. Autour du feu de camp, on chantait Santiano et des chants de marins . C’était formidable. À la fin de l’été, quand il fallait repartir en Angleterre, on en avait gros sur le coeur. Mon amour pour Saint-Malo a vite été plus fort que mon amour pour l’Angleterre. J’ai repassé une licence d’anglais et un CAPES pour avoir la possibilité d’enseigner en France. Ce que j’aime ici? Le temps qu’il fait, les couchers de soleil, les rues commerçantes, la roseraie de Saint-Servan, un bar d’intra qui fait un bon feu l’hiver et qui passe du Leonard Cohen. »

Marcel et la vie de château

« On m’a demandé de remplacer pendant un mois le concierge du château…Et j’y suis resté près de 30 ans. C’est vrai que le plancher craque, et quand il y a beaucoup de vent, les fenêtres claquent. Mais je n’ai jamais eu peur, et dans mes balades, je n’ai jamais rencontré le fantôme de la duchesse Anne, juste des pigeons et des goélands, plusieurs fois des touristes égarés. Un matin on a découvert que la cité avait un nouvel étendard : les 4 drapeaux qui flottent en haut des mâts avaient été descendus et à leur place, il y avait un slip. On n’a jamais su par où les intrus étaient passés ni qui ils étaient. »

Le coup de foudre d’Évelyne

« C’était en 2016, pendant une escapade à Saint-Malo. Je faisais une dernière promenade sur la digue, avant de prendre le train. Je venais de prendre ma retraite dans la ville de mon enfance, à Sens. Je me suis arrêtée et ça m’est venu d’un coup, inattendu et fort, comme une évidence. Je me suis dit : c’est ici que je veux vivre! Mes racines ne sont pas malouines, mais c’est peut-être plus fort, parce que la vie ici, je l’ai choisie. Je me nourris de la vie de Saint-Malo. J’aime tout : la ville, les paysages, la baie, le port. J’aime quand il fait beau, quand de gros nuages gris menacent, quand la tempête décoiffe; même les pavés rendus glissants par la bruine ne me font pas peur! Le soir, avant de m’endormir, je revois les couleurs de la mer, du ciel, des nuages, et je suis heureuse. »

Paul, l’âme du pirate

« Il y a 3 ans, je me suis mis à faire le pirate dans la rue. C’est venu comme ça. Le pirate! J’adore les histoires de marins, et surtout de pirates. Je collectionne les bouquins qui parlent d’eux. J’ai le pantalon noir, la chemise blanche, le chapeau, le bandeau, le pistolet, le sabre. Les gens me demandent souvent s’ils peuvent me prendre en photo avec eux ou avec leurs enfants. J’étais venu à Saint-Malo parce que, enfant de la DDASS, je cherchais ma famille et que j’avais une piste ici. Elle n’a pas abouti. Mais j’ai trouvé ma ville, Saint-Malo. Ma famille, aujourd’hui, c’est la J.A. et tous les gens qui me connaissent et qui m’aiment. C’est bien. »

Les jeunes grognards de Saint-Malo

Mona : « Quic-en-Groigne, je nage dedans depuis que je suis née ou presque, j’ai commencé la danse à 3 ans. Je suis devenue membre du cercle à 12 ans, ça a été un grand moment : évoluer en 1ère catégorie, faire partie des meilleurs danseurs de Bretagne, ça fait quelque chose. Quand on danse, on ne fait qu’un. On est portés par la musique du bagad, et c’est un peu comme si on entrait en transe! »

Samuel : « Je me souviens de mon émotion, le jour où on m’a dit “t’es prêt, tu peux intégrer le bagad”. J’aime bien jouer dans les pipe bands, mais le bagad, c’est l’identité bretonne, c’est encore meilleur. En plus, on joue en 1ère catégorie, l’élite.Nos compositions sont superbes, elles me portent. Elles mêlent airs traditionnels, collectés par les anciens, et influences diverses : jazz, folk, musiques du monde…le tout retravaillé à la sauce malouine. »

Jean-François, éleveur d’algues

« C’est vrai que les algues sont fascinantes. Elles ont en commun de développer des stratégies de reproduction extraordinaires. Prenez les feuilles de Nori : à l’état sauvage, elles émettent des spores qui se nichent l’été dans des coquilles vides pour être à l’abri de la chaleur. Et en septembre, elles éclatent la nacre pour vivre leur vie. Les algues sont  les premiers végétaux apparus sur terre. Elles sont autonomes, ne dépendent de rien. Elles produisent de l’oxygène, sont des frayères et des nurseries géniales ! On peut les utiliser directement, dans l’alimentation humaine et animale, la cosmétique, le textile. Quand j’ai commencé à en élever, on m’a traité de rêveur, d’écolo, de fumeur de beuh. Aujourd’hui, tout le monde veut s’y intéresser. »

Nicolae

Patrick : « Quand je l’ai connu, Nicolae squattait avec un autre Roumain une maison abandonnée sur le terrain d’EDF. Ils dormaient sous une tente, pour se protéger du froid. J’allais les voir, je leur amenais de l’eau…Et puis quelqu’un a déchiqueté leur tente. Ils m’ont fait pitié. Je connais la galère, j’en ai eu ma part. L’autre Roumain est parti. Comme ça se passait bien avec Nicolae, je l’ai invité à vivre dans la maison lorsqu’il vient l’automne. Il fait la manche, donne des coups de main à gauche et à droite, et repart lorsqu’il s’est fait un peu d’argent pour entretenir sa ferme et sa famille en Roumanie. »

Stéphane, terrien suis

« À l’époque de mes études au lycée agricole, il y a eu une crise des primeurs. Mes parents, installés en conventionnel, ont beaucoup souffert. J’ai fait mon stage de fin d’études chez un producteur à Plouha. Le gars qui m’a accueilli était un des plus gros producteurs bio de Bretagne, il avait créé une coopérative et ça marchait bien : en bio, la crise n’existait pas. À la fin du stage, il m’a proposé de m’associer. C’était tentant, c’était une belle exploitation, mais quand t’es né à Saint-Malo, tu vas pas habiter Plouha. J’ai quand même retenu la leçon, j’ai créé la première exploitation agricole bio malouine et j’ai travaillé 10 ans avec la coopérative. La terre est bonne, ici comme dans beaucoup d’endroits. Le bio nous demande surtout de savoir la préparer. »

Charles et le goût de miel du pays malouin

« Un jour, je suis arrivé sur cette côte, j’ai beaucoup aimé , je m’y suis installé et j’ai posé des ruches un peu partout où on me l’autorisait entre Cancale et Quelmer. Les miels d’ici ont parfois le goût du tilleul et de l’eucalyptus, des troènes et des ajoncs, de la bruyère et de la lavande qui poussent près des ruches, et toujours le goût des fleurs, du fourrage, du sel, des embruns, de l’air marin qui s’y déposent. »

Anne, nageuse à l’année

« L’hiver, le sable glacé est plus difficile à supporter que l’eau froide. J’entre dans l’eau sans problème, c’est une chance, même en février, quand elle descend à 7 degrés. La baignade ne doit pas durer plus d’une minute par degré. Ensuite, on prend un thé et des gâteaux, on discute, on rigole, j’ai une pêche extraordinaire! »

Le vivier d’Allain

« Gamin, j’aimais construire des châteaux de sable à Bonsecours, mais ça m’embêtait qu’ils soient détruits par la marée. Alors, des années plus tard, j’ai commencé à construire un mur, avec des milliers de pierres ramassées sur la plage. Aujourd’hui, sur 70 mètres de long, une hauteur maximum d’un mètre, c’est un abri pour les crabes, les crevettes, les étoiles de mer et tout un petit peuple de mer qui revit. »

Emmanuel, de Saint-Malo-sous-mer

« Dès que j’ai pu, je suis monté sur une planche. Gamin, je passais des heures sur l’eau. Au bout d’un moment, j’ai évidemment eu envie de voir ce qu’il y avait en dessous. Pour ma première plongée, je suis descendu à 20 mètres, sur l’épave du Fetlar. J’ai pu me balader à l’intérieur. Des dauphins sont venus me voir, ça a été un moment magnifique. Maintenant je rêve de découvrir les bateaux qui dorment sous le sable de la baie depuis l’Antiquité. »

Thomas, l’homme des toits

« On a un collègue qui adore chanter. Il a une voix aiguë et plusieurs fois, des habitants lui ont demandé de baisser d’un ton. Nous, on trouve pourtant qu’entre sa voix et les cris des goélands, y’a pas beaucoup de différence…La cohabitation avec les goélands ne se passe pas très bien. Quand on arrive le matin, ils se mettent à crier tous ensemble, ça réveille tout le voisinage. Puis viennent les attaques, les coups de bec, surtout s’il y a des nids et, pire, des petits. On est parfois obligés de mettre les casques. Quand le chantier dure plusieurs semaines, les goélands s’habituent à notre présence. On ne se fait pas la bise, mais bon…»

Évelyne et le village des oiseaux


« La Varde est un endroit extraordinaire. Il y a des nicheurs, des migrateurs, des sédentaires, oiseaux de mer et de rivage comme du jardin, des parcs ou des campagnes. Le Conservatoire du littoral y a répertorié 56 espèces. J’y vais dès que je peux. J’arrive tout doucement, casquette sur les cheveux car j’ai remarqué que les oiseaux me repèrent sans elle, ça doit être mes cheveux blancs…Je ne fais pas de bruit, je peux rester presque immobile pendant de longues minutes, parfois 1/2 heure. Je suis dans un état particulier, proche de l’hypnose. C’est comme si je ne faisais qu’un avec l’oiseau que je photographie. Comme lui, je suis de passage. »

Françoise distribue la vie

« Les escaliers d’intra-muros en deux roues, c’est pas facile. Pourtant je les aime bien, surtout du côté de la cour la Houssaye. Depuis les appartements, là-haut, on aperçoit des jardins clos qu’on n’imagine pas vu d’en bas. Il y a des rues que je ne fais plus, mais je continue à voir leurs habitants, sur le trottoir ou dans les commerces. Certains sont devenus des amis, on se retrouve pour déjeuner. Quand je pars en vacances, j’envoie des cartes postales. Bon, c’est vrai que j’en achète beaucoup, ça fait un peu râler mon mari, mais je pense à mes clients âgés qui sont contents de recevoir du courrier. Et puis ça fait marcher la Poste! »

Jean-Luc, de Saint-Malo-sous-terre

« Sous la cité d’Alet, à 30 mètres de profondeur, on vérifie en zodiac la canalisation de 2,50 m de diamètre. On inspecte à marée basse, par beau temps. Faut se méfier de l’orage, et ne pas avoir peur des rats. Quand on a changé les collecteurs de la rue Saint-Vincent, on apercevait leurs yeux rouges à chaque branchement et on les entendait couiner, affolés par le bruit des machines. On est vacciné contre la leptospirose et le tétanos, en cas de morsure. Un jour, après un orage, au plus bas de la station Charcot, on a découvert des dizaines de rats noyés, pelés, certains gros comme des chats. Ils formaient un tas impressionnant devant les portes en bois. Remarquez, j’ai vu pire : on a dû intervenir un jour pour enlever une vache charriée par les eaux, qui bloquait les portes du Routhouan… »

Jérôme, sauveteur de bateaux

« Quand la station a reçu sa nouvelle vedette, je suis allé l’essayer avec notre président. On voulait voir comment elle se comportait, ce qu’elle avait dans le ventre et jusqu’où on pouvait la pousser. C’était de nuit, il y avait de la mer. Soudain, il y a eu un tel bruit qu’on a cru qu’on avait tapé un caillou. C’était juste le fracas du bateau tombé de la crête d’une très grosse vague. Le Commandant Jacques Le Boulanger est un bon navire, considéré insubmersible, comme toutes les vedettes de la SNSM ; on a eu quand même eu quelques secondes d’inquiétude…»

Julien, jardinier explorateur

« Je vais sur les atlas et sur le net, à la recherche de pays qui ont le même climat tempéré que le nôtre, la même humidité, les mêmes sols acides. Je me promène de Santiago à la Terre de Feu, sur la côte sud de l’Australie, dans les monts de l’Afrique du Sud…et je repère les plantes que j’aimerais récupérer. Je fais appel à un réseau de doux dingues, des collectionneurs acharnés, souvent retraités, qui partent un mois dans les montagnes du Vietnam ou en Afrique récupérer les graines dont ils font profiter les amateurs éclairés et les pépiniéristes comme moi. Ensuite, il faut trouver l’endroit du jardin où la plante se plaira, la terre qui lui conviendra. Déplacer, rempoter, arroser. Essayer. Ici, on a de l’or sous les pieds  et un climat fantastique, ni trop chaud ni trop froid. Cette terre est bénie des dieux, et les Malouins ne le savent pas ! »

Jean-Marc, le concierge du port

« Avec les écluses, faut pas rigoler. On entend parfois les commentaires des touristes effrayés : “ça va pas passer! Ça va pas passer! Ben oui, des fois, ça passe pas! Comme le jour où la marche arrière de la Grande Hermine n’a pas répondu, et que le navire est venu cogner les portes. Heureusement qu’ il y avait 2 mètres entre le niveau de l’écluse et celui du bassin : c’est la pression qui a maintenu les portes en place. Comme aussi ces deux apprentis gendarmes, un peu pressés, qui ont voulu passer le pont alors que les barrières se fermaient. Leur véhicule s’est retrouvé accroché par le pare-choc et suspendu au pont qui s’ouvrait. La voiture est tombée à l’eau. Heureusement, les deux apprentis l’avaient quittée à temps. »

Lolo, étonnante voyageuse

« Ma première affectation de jeune diplômée de la marine marchande m’a emmenée à Boulogne, chez les pêcheurs, loin des porte-conteneurs et des mers d’Asie. J ‘ai embarqué sur un 54 mètres, pour pêcher en Sud-Islande avec un équipage exclusivement masculin. Les gars me regardaient un peu de travers. Les pêcheurs sont superstitieux; les femmes à bord, ils n’aiment pas ça. Notre première pêche a été extraordinaire, et ça a tout changé. Ils ont dit que je portais chance…Tous les patrons voulaient m’embarquer. »

Les amoureux de la dernière vedette blanche de Saint-Malo

« C’est passionnant de travailler sur un bateau comme ça qui a une histoire et dont il faut respecter le caractère. Mais c’est pas toujours du gâteau : avant de le remettre à l’eau, il a fallu le sabler. Un boulot de bagnard, le sablage… Je n’y voyais pas à 20 cm, et malgré mon scaphandre, je retrouvais du sable jusque dans mon slip. Certains, qui visitent le chantier, sont heureux de nous raconter qu’ils ont navigué dessus, ou qu’ils faisaient régulièrement la traversée avec leur maman…Ça nous fait perdre un temps fou parce que pendant ce temps-là, on ne peut pas travailler.Mais bon, c’est touchant… »

Textes : Béatrice Ercksen

Photos : © Gérard Cazade

16 commentaires
  1. Marc Durand 14 novembre 2019

    Dommage , pour cet arrêt .
    en souhaitant vous revoir bientôt.
    Bon courage et que vents et courants vous soient favorable .

    Reply
    • beatrice 14 novembre 2019

      A bientôt Marc, on espère revenir un jour

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  2. sebastien 14 novembre 2019

    Merci et bonne continuation !

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    • beatrice 14 novembre 2019

      Merci Sébastien

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  3. stute irene 14 novembre 2019

    merci de m’avoir donné du plaisir en lisant vos portraits. bonne continuation
    Irene

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    • beatrice 14 novembre 2019

      Irène, votre message nous touche. Merci à vous de nous avoir lus!

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  4. ROBERT Bruno 14 novembre 2019

    merci pour ces témoignages plein d’humanité, cela fait du bien par les temps qui courent. Revenez vite nous raconter encore de belles histoires écrites et illustrées. Amicalement à vous et Gérard

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    • beatrice 14 novembre 2019

      Merci Bruno. On espère bien revenir un jour…à bientôt

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  5. Anthony 14 novembre 2019

    Bonjour ou bonsoir Béatrice.

    C’est avec tristesse que je vous écris ces quelques lignes pour vous dire que j’ai eu un pincement au coeur quand j’ai apprit l’arrêt du blog.

    Sur tous les articles que j’ai pût lire, il y en a un que j’ai particulièrement aimé.

    C’est celui d’une femme que je connaît bien qui s’appelle Nathalie et qui est la 1ère femme Sapeur-Pompier de Saint-Malo.

    En attendant de vous relire dans ce blog en espérant qu’il reviendra très vite, je vous embrasse et vous souhaite Bon Vent.

    Et encore MERCI pour toutes ces histoires.

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    • beatrice 14 novembre 2019

      Cher Anthony, vous m’avez émue! Merci pour ce beau message. J’espère qu’on reviendra un jour, sous une forme ou une autre…Ce n’est qu’un au revoir

      Béatrice

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  6. Brebel daniel 16 novembre 2019

    Que du regret lorsque je lis votre arrêt. Le sourire de lisait sur mon visage à la vue de votre nouveau mail. A part la factrice, je ne connaissais personne en particulier mais grâce à vous des lien se sont créés dans ma boutique. Apprendre un peu de leur vie à chacun me rendais encore plus fier de ma ville. Vos photos vos mots vont nous manquer. Mais nous vous retirons encore et encore…. par nostalgie. Bon vent bonne mer et merci.

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    • beatrice 16 novembre 2019

      Cher Daniel, votre mot nous réchauffe…et rend notre au revoir un peu plus difficile! Nous arrêtons par manque de temps, non par lassitude, et c’est un crève-coeur. Nous reviendrons peut-être, un jour…à bientôt

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  7. tirilly eric 17 novembre 2019

    merci pour tous ces beau texto ces beau portrais vous rencontrer a ete un vrais bonheur vous avez su creer la rencontre entre malouin malouine bon vent pour la suite de vos projet et oui a un ces jour jespere pour de nouvelle histoire malouines sur terre dans les air ou sur eau comme il ce doit toutes malouine ou tous malouin

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    • beatrice 17 novembre 2019

      On a vraiment de chouettes lecteurs…merci Eric pour votre message, à bientôt

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  8. Anne 1 janvier 2020

    Merci pour tous ces portraits, photos qui m’ont permis de découvrir encore plus ce coin que j’aime tant. Bonne continuation dans vos futurs projets en ce début d’année

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    • beatrice 1 janvier 2020

      Bonsoir Anne, nous sommes ravis que nos portraits vous plaisent. Nous mettons notre activité entre parenthèses, faute de temps, peut-être y reviendrons nous un jour? Merci pour votre message

      Reply

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